En septembre dernier, nous découvrions les prémices de l’aventure d’Emeline au sein du programme Homo Faber Fellowship, porté par la Michelangelo Foundation. Avant son départ pour l’Irlande, une étape essentielle a marqué le début de son parcours : la masterclass à Séville, aux côtés de 22 jeunes artisans venus du monde entier. Une immersion intense, entre entrepreneuriat, création, vie collective et premiers pas vers le projet verrier qu’elle développera pendant six mois en atelier.
Le groupe réunit des profils variés : jeunes diplômés, reconversions, artisans en devenir. Une mosaïque de savoir-faire : verre, céramique, broderie, tissage, ébénisterie, lutherie, construction navale…
« On partage tous le besoin d’avoir une aide pour continuer à apprendre. » exprime-t-elle.
Une richesse qui nourrit les échanges et donne un aperçu de l’écosystème international des métiers d’art.
La masterclass se termine par deux jours intenses avec tous les artisans : travail en commun, conférences sur l’écologie et visites d’ateliers.
Pour Emeline, « c’était vraiment génial de retrouver Suzy sous le soleil et de partager ces deux jours ensemble, un an après mon Erasmus. Nous avons beaucoup ri, discuté, mis à plat nos objectifs et attentes personnels, et commencé à échanger sur notre projet commun après la révélation du thème et ainsi que du rythme de travail. »
Au terme du mois sévillan, Emeline rejoint l’atelier de Suzanne, à Fermoy dans le comté de Cork. Une transition qu’elle vit avec bonheur : retrouver le calme après la vie collective, revenir dans un atelier qu’elle connaît déjà, et poser les bases communes du projet dans les meilleures conditions.
Leur collaboration se construit comme un dialogue entre deux artistes, loin d’une relation maître-élève classique.
Au-delà du travail réalisé aux côtés de Suzanne, Emeline développe ses compétences au chalumeau, explore de nouvelles techniques et cherche ce qui pourrait nourrir leur projet verrier basé sur le verre recyclé.
Elle reconnaît une pression créative : la volonté « de bien faire », d’être à la hauteur de l’opportunité, de créer une pièce ambitieuse qui représente leur duo. Une exigence qu’elle s’impose à elle-même.
L’anglais progresse, les repères se renforcent, et les premières idées prennent forme.
Cette expérience, encore jeune, interroge déjà la manière dont Emeline se projette.
Le mois à Séville lui a ouvert le monde de l’entrepreneuriat artisanal, fait émerger des outils et une vision plus concrète de ce que peut devenir son travail.
L’atelier irlandais lui permet de vivre la création à deux, de pousser une technique qu’elle découvre, et de confronter idées, gestes et intentions.
Dans les semaines à venir, Emeline souhaite commencer à échantillonner le projet, entrevoir les possibles de cette création, tout en poursuivant son exploration du chalumeau, une technique qui la fascine, sans qu’elle sache encore si elle s'y consacrera pleinement.
Prolonger son séjour en Irlande, candidater au projet Young Ambassador de la Michelangelo Foundation pour la Biennale Homo Faber à Venise ? Puis poursuivre sa route en Europe ? Peut-être en Allemagne, avant de partir hors du continent.
Une trajectoire qui prolonge son goût pour l’aventure comme apprentissage, déjà visible dans son projet de diplôme et sa manière de vivre les métiers d’art.
Ce deuxième épisode retrace les débuts du programme et l’entrée d’Emeline dans l’univers Homo Faber. La suite se joue dans l’atelier, au cœur du processus créatif avec Suzanne. Les prochains mois permettront au projet qu’elles imaginent ensemble de se préciser. Un mystère dont elles n’ont encore qu’entrevu les contours depuis le début de leur aventure.
Prochain rendez-vous dans “Que sont-ils devenus ?” pour suivre l’évolution du duo irlandais et peut-être découvrir leur projet ?